Capote anglaise

8 novembre 2009

capote anglaise
Ainsi qu’une capote anglaise
Dans laquelle on a déchargé,
Comme le gland d’un vieux qui baise,
Flotte son téton ravagé.
Vingt couches, autant de véroles
Ont couturé son ventre affreux,
Hideux amas de tripes molles,
Où d’ennui bâille un trou glaireux.
Comme la merde à la moustache
D’un rat qui dîne à Montfaucon,
Le foutre en verts grumeaux s’attache
Aux poils gris qui bordent son con.
Pourtant, on fout cette latrine…
Ne vaudrait-il pas mieux cent fois
Moucher la morve de sa pine
Dans le mouchoir de ses cinq doigts ?
Theophile Gautier

morpions

I

Cent mille poux de forte taille
Sur la motte ont livré bataille
À nombre égal de morpions
Portant écus et morions.

Transpercé, malgré sa cuirasse
Faite d’une écaille de crasse,
Le capitaine Morpion
Est tombé mort au bord du con.

En vain la foule désolée,
Pour lui dresser un mausolée,
Pendant huit jours chercha son corps…
L’abîme ne rend pas les morts !

II

Un soir, au bord de la ravine,
Ruisselant de foutre et d’urine,
On vit un fantôme tout nu
À cheval sur un poil de cu.

C’était l’ombre du capitaine,
Dont la carcasse de vers pleine,
Par défaut d’inhumation,
Sentait la marolle et l’arpion.

Devant cette ombre qui murmure,
Triste, faute de sépulture,
Tous les morpions font serment
De lui dresser un monument.

III

On l’a recouvert d’une toile
Où de l’honneur brille l’étoile,
Comme au convoi d’un général
Ou d’un garde national.

Son cheval à pied l’accompagne
Quatre morpions grands d’Espagne,
La larme à l’oeil, l’écharpe au bras,
Tiennent les quatre coins du drap.

On lui bâtit un cénotaphe
Où l’on grava cette épitaphe
« Ci-gît un morpion de coeur,
Mort vaillamment au champ d’honneur. »

Théophile Gautier

Bonheur parfait

8 septembre 2009

chiens coquins
Que les chiens sont heureux !
Dans leur humeur badine,
Ils se sucent la pine,
Ils s’enculent entr’eux ;
Que les chiens sont heureux !
Théophile Gautier

Le nombril

8 août 2009

nombril sexy
Nombril, je t’aime, astre du ventre,
Œil blanc dans le marbre sculpté,
Et que l’Amour a mis au centre
Du sanctuaire où seul il entre,
Comme un cachet de volupté.
Théophile Gautier

Concordances

8 juillet 2009

Doigt coquin
Dieu fit le con, ogive énorme,
Pour les chrétiens,
Et le cul, plein-cintre difforme,
Pour les païens ;
Pour les sétons et les cautères,
Il fit les poix,
Et pour les pines solitaires,
Il fit les doigts.
Théophile Gautier
Godemichet
Un vit sur la place Vendôme,
Gamahuché par l’aquilon,
Décalotte son large dôme
Ayant pour gland Napoléon.
Veuve de son foufeur, la Gloire,
La nuit dans son con souverain,
Enfonce  tirage illusoire !
Ce grand godemichet d’airain.
Théophile Gautier